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Le Montet > Collections extérieures |
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> la collection écologique
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COLLECTIONS EXTÉRIEURES
La collection écologique Cette collection illustre deux milieux naturels :
La flore des tourbières D'une exceptionnelle richesse biologique, les tourbières sont des écosystèmes complexes et précieux constituant un des rares milieux naturels qui nous soient parvenus intacts depuis la fin des dernières glaciations.
L'exemple de la tourbière acide Parmi les différents types de tourbières qui ont été décrits, les tourbières acides se développent surtout dans les régions montagneuses sous climat froid et très humide.
Des intérêts multiples Les tourbières abritent de nombreuses espèces spécifiques, parfois très rares, aux adaptations surprenantes. On y trouve par exemple différentes plantes insectivores, dont les droséras qui capturent et digèrent des insectes grâce à leurs feuilles recouvertes de poils gluants, palliant ainsi la pauvreté minérale de la tourbe.
En France, comme ailleurs, les tourbières ont fait l'objet d'une exploitation importante (combustible, terreau horticole) et ont souvent subi de graves préjudices (drainage, plantation...). Il est aujourd'hui urgent de protéger ces milieux, véritables conservatoires biologiques naturels, dont l'intérêt paysager est aussi incontestable. La tourbière reconstituée au Jardin Botanique du Montet permet de se familiariser avec cet écosystème si particulier et démontre son originalité et l'intérêt de sa protection. En visite au Jardin d'Altitude du Haut Chitelet, vous aurez la possibilité de découvrir une vaste tourbière naturelle, située sur une pente en contrebas du jardin. Principalement asséchée par des actions humaines anciennes (tranchées militaires et drainages), c'est une tourbière en fin d'évolution qui commence à être colonisée par les espèces forestières environnantes (épicéas, bouleaux, sorbiers). Paysage d'exception, elle fait l'objet d'une protection intégrale.
La végétation dunaire Dans certaines conditions, les littoraux sont bordés par des paysages naturels exceptionnels que constituent les formations dunaires. Apportés par les courants marins, repris et déplacés par les vents, les sables d'origines diverses (érosion marine des côtes rocheuses, débris de coquilles...) s'accumulent progressivement sur la terre ferme. Zonation En l'absence de perturbations, il est possible de dresser un profil théorique, qui laisse apparaître une succession de formations végétales, allant du sol presque nu à des espaces totalement stabilisés par une végétation herbacée, voire ligneuse. Après une zone pratiquement dépourvue de plantes, très mouvante (haut de plage), un tapis végétal, constitué surtout de graminées, tend à stabiliser la dune. Encore fortement pourvue de larges surfaces de sable nu, c'est la "dune blanche" ou "dune mobile". Derrière ce premier cordon, la façade continentale de la dune se couvre d'une végétation rase, dense, riche en espèces, ayant l'aspect d'une pelouse : c'est la "dune grise" ou "dune fixée". La végétation de "l'arrière-dune" peut aussi présenter d'autres aspects. Dans les parties les plus âgées, des arbustes peuvent s'installer et former des fourrés plus ou moins impénétrables, constitués de prunelliers, troènes, aubépines, ajoncs, argousiers... La dune reconstituée du Jardin Botanique du Montet, loin de ses conditions naturelles, n'a que pour ambition de présenter quelques-unes des espèces les plus caractéristiques de la végétation dunaire du littoral atlantique, sans faire apparaître la zonation.
Menace et protection
La collection historique
Depuis toujours l'Homme exploite les ressources naturelles végétales pour répondre à ses multiples besoins : alimentation, médecine, constructions...
Il y a 5 000 ans, nos ancêtres commencent à se sédentariser et, passent du stade de cueilleur-chasseur au stade d’agriculteur. Ils entreprennent alors les premières cultures volontaires sur de petites parcelles. Les céréales comme l’aegilops, l’orge, la sétaire, le froment, l’amidonnier ou encore l’engrain, vont faire l'objet des premières tentatives. Au cours des siècles suivants, de nouvelles plantes sauvages sont domestiquées, telles que le navet, l’avoine, l’oignon, le seigle ou la vesce. Elles offrent de nouvelles ressources alimentaires. À elle seule, la période moyenâgeuse est d'un grand intérêt. Le Capitulaire De Villis Impérialibus, ordonnance royale attribuée à l'empereur Charlemagne (vers l'an 800), mentionne toutes les plantes qui doivent être obligatoirement cultivées dans les jardins, les cloîtres et les abbayes. Le jardin carolingien est un espace très organisé avec une place de choix réservée aux plantes alimentaires et médicinales. À compter du XVIe siècle, et à la faveur des voyages et des grandes explorations, va débuter une grande période d'introduction de plantes exotiques. D'Europe (asperge, mâche), d'Asie (mélisse, rhubarbe), mais surtout d'Amérique (poivron, tomate, pomme de terre, haricot, maïs, tournesol, courge...), de nouvelles espèces sont introduites, acclimatées et cultivées. Parallèlement à la mise en culture des plantes utiles, toute une flore adventice se développe et concurrence les espèces cultivées. Ces "mauvaises herbes" sont parfois associées à des cultures très précises, comme celle du lin par exemple (ivraie du lin, faux lin, gaillet bâtard). Une autre partie de la collection historique du Jardin Botanique du Montet est réservée à la présentation d’adventices qui sont, elles aussi, des espèces exotiques introduites à partir du XVIe siècle, de façon accidentelle en même temps que les autres plantes. Notons par exemple les amarantes américaines, l'érigeron du Canada, la balsamine géante ou les solidages. Certaines de ces plantes sont même affublées aujourd’hui de l’adjectif invasif, c’est-à-dire qu’elles se développent au détriment des plantes indigènes. Enfin, les derniers massifs de la collection sont consacrés aux plantes ornementales cultivées au début du XVIe siècle. Elles sont regroupées chronologiquement suivant leur première utilisation ou leur introduction. Les 150 espèces présentées illustrent l'intérêt grandissant qui va être porté à l'ornementation des jardins depuis l'époque de la Renaissance.
Conçue au début des années 80 comme une palette de peintre, inspirée de Paul Klee ou Mondrian, la collection a été réaménagée en 2007 après les travaux de thèse d'une étudiante en pharmacie. Les plantes sont classées en fonction d'un gradient activité-toxicité. De gauche à droite sont présentées les plantes toxiques, les plantes sources de molécules thérapeutiques, les plantes utilisées en phytothérapie, enfin, les plantes destinées à l'homéopathie. Les plantes usitées en phytothérapie sont de plus classées en fonction de leurs modes d'administration (usage externe ou interne) et de leurs propriétés.
La collection systématique
La colonisation de la Terre Entre les premières algues vertes apparues sur terre, il y a environ 1 milliard d'années et la végétation qui la recouvre aujourd'hui, de multiples peuplements végétaux se sont succédés. Aujourd'hui, avec 240 000 espèces, les Angiospermes constituent près de 70 % du règne végétal et donnent à la végétation terrestre sa physionomie actuelle.
Classification Selon différentes hypothèses évolutives et d'après l'observation des caractères morphologiques (forme des feuilles, des fleurs...), cytologiques (nombre et forme des chromosomes), ou encore palynologiques (analyse du pollen), il est possible de proposer des systèmes de classification de plus en plus précis. Ainsi, les systèmes modernes se présentent sous la forme d'un emboîtement, où chaque espèce est placée à un endroit précis, selon des liens de parenté qui prennent surtout en compte des critères de ressemblance. Par conséquent, les espèces qui ont en commun un grand nombre de caractères et de nombreuses affinités génétiques sont réunies en un même genre. À leur tour, les genres proches les uns des autres sont regroupés au sein d'une même famille. Ensuite, les familles ayant des liens de parenté sont regroupées en ordres, eux-mêmes réunis en classes. Le modèle de CRONQUIST Pour la réalisation de la collection systématique du Jardin Botanique du Montet, nous avons adopté le système proposé en 1981 par l'américain Arthur CRONQUIST. Limitée aux seules Angiospermes, cette classification reconnaît l'existence de :
L’exemple des Rosales L'Ordre des Rosales regroupe différentes familles dont celle des Rosacées qui est constituée elle-même par de nombreux genres dont le genre Rosa (les rosiers), riche de plus de 100 espèces.
Le point de départ est constitué par l'ordre des Magnoliales. Il regroupe les représentants actuels des plantes à fleurs primitives, d'où dérivent toutes les autres espèces. On y remarquera le tulipier et les magnolias. De ce premier massif, partent des ramifications schématisées par les allées qui permettent de découvrir et de suivre l'évolution des différentes lignées. Certains chemins conduisent rapidement à des impasses, constitués par les ordres qui ont gardé des caractères très primitifs.
La flore menacée du nord-est
Par ses différentes activités (la déforestation, l’urbanisation, l’agriculture, l’équipement du territoire...) l'Homme est devenu le principal acteur de l'évolution des paysages. Dans certains cas, les pratiques humaines ont entraîné des transformations importantes des milieux naturels et occasionnées l'appauvrissement de leur biodiversité. Certaines espèces végétales sont alors devenues très rares et peuvent être aujourd'hui menacées de disparition. En complément de cette protection in situ, des mesures conservatoires ex situ (en dehors du milieu naturel) peuvent parfois s'imposer. Cette pratique est rendue nécessaire pour les espèces dont la survie dans la nature n'est plus possible. Une telle situation peut être engendrée par la disparition de leurs milieux de vie (biotopes), par la menace trop forte qui pèse sur ceux-ci ou lorsque la population sauvage est devenue trop réduite pour survivre naturellement. Les Conservatoire et Jardins Botaniques de Nancy mènent de multiples actions en faveur de la flore sauvage menacée du nord-est de la France :
La notion de rareté, associée à la notion de régression, est à l'origine de l'inscription de certaines espèces menacées sur des listes de plantes protégées par la loi. La liste nationale mentionne plus de 400 espèces qui font l'objet d'une protection intégrale ou partielle. > Liste des espèces végétales protégées sur l’ensemble du territoire > Liste des espèces végétales protégées en région Lorraine
La roseraie
La visite commence par une allée bordée de formes sauvages qui nous rappellent qu'un grand nombre de rosiers se rencontrent spontanément dans les régions tempérées de l'hémisphère nord (Europe, Amérique du Nord, Asie mineure). La découverte de ces espèces ou de ces hybrides naturels (dont l'origine est encore parfois inconnue) ouvrira la voie à des recherches toujours plus passionnantes. Des croisements successifs aboutiront à la création de milliers d'hybrides. Dès le XVe siècle, les hollandais tentent les premières améliorations à partir des rosiers centifolia. Une mutation naturelle des rosiers à "cent feuilles" sera à l'origine des premiers rosiers "mousseux" vers 1750. Ils sont reconnaissables à la présence de "poils" sur les tiges. Plus tard, certains groupes, qui avaient déjà eu une importance au Moyen Âge, sont à nouveau exploités pour créer de nombreux hybrides rustiques et souvent parfumés : ce sont les roses galliques de Damas ou encore le groupe des rosiers "blancs". Ensuite, vers la fin du XVIIIe, une rose dont l'origine est encore mystérieuse, émerge en France sous le nom de rose de Portland. Elle est retenue pour de nombreuses hybridations. Puis c’est vers 1817, qu’apparaît naturellement une nouvelle race de rosiers sur l'île Bourbon (aujourd'hui La Réunion) que l'on nomme rosiers de Bourbon. Ils apportent le caractère remontant, c'est-à-dire la capacité à fleurir plusieurs fois au cours de l'année. Ce caractère est exploité pour créer des milliers d'hybrides remontants. Par la suite, au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, des rosiers "à odeur de thé" et leurs hybrides, deviennent à la mode malgré leur faible rusticité. Le développement des rosiers arbustifs commence au début du XXe siècle. Tour à tour, on voit apparaître les groupes des multiflora (rosiers vigoureux, sarmenteux et grimpants), des musqués (rosiers à longue floraison, ils sont plus ou moins apparentés aux premiers) et des rugueux (groupe très rustique et florifère). Aujourd'hui, les créations nouvelles ont une origine souvent très complexe. Elles empruntent des caractères à différents groupes. Les croisements incessants aboutissent à un brassage génétique tel qu'il est désormais très difficile de ranger ces rosiers dans une classification cohérente. On les rassemble alors au sein d'un groupe appelé "les hybrides modernes".
L'alpinum
Par le terme d'alpinum, on définit l'espace réservé à la culture des plantes alpines, communément appelées les plantes de hautes montagnes, qui se sont adaptées à des conditions climatiques particulièrement sévères :
Au-delà du climat, d'autres facteurs déterminent la répartition des plantes en montagne (selon une stratification plus ou moins précise) :
Habituellement, les véritables plantes alpines vivent au-dessus de la limite supérieure des arbres (et jusqu'à l'étage nival), le climat alpin ayant éliminé les végétaux arborescents et arbustifs. Selon les massifs montagneux, cette zone peut se trouver à une altitude très variable :
Pour résister à des conditions de vie parfois très hostiles, les plantes alpines ont dû s'adapter et présentent de nombreuses particularités :
Sous notre climat de plaine, les véritables plantes alpines ne sont généralement pas cultivables car la protection neigeuse fait défaut en hiver et l'humidité atmosphérique est souvent trop faible en été. Ici, les plantes sont principalement réunies par origine géographique. L'alpinum se présente comme une succession de petites rocailles, consacrées chacune à une région montagneuse du globe. Pour compléter vos connaissances sur les plantes de montagnes, nous vous invitons à vous rendre dans notre Jardin d'Altitude du Haut Chitelet pour découvrir une grande diversité de plantes alpines, qui prospèrent à plus de 1 200 m d'altitude dans le massif vosgien et sous climat alpin. L'arboretum
Selon les régions, il existe différents types de forêts tempérées, mais toujours marquées par la dominance des arbres à feuillage caduc. Les conifères sont souvent peu représentés (épicéas, pins, sapins) et la strate arbustive est très rarement exubérante.
Visite de la collection Les plantes sont regroupées par origine géographique. Elles illustrent la végétation des différentes régions forestières de la zone tempérée du monde, tout en privilégiant les espèces arbustives. Après la découverte de quelques arbres (Nothofagus) originaires des rares forêts tempérées de l'hémisphère austral (sud du Chili), l'arboretum est ensuite totalement consacré à la végétation des régions tempérées de l'hémisphère nord, qui correspond à une zone située approximativement entre le 40e et le 60e parallèle nord. Le continent américain est principalement représenté par la végétation de deux grandes régions forestières : à l'ouest, la chaîne des Cascades et à l'est la végétation canadienne des Laurentides. Ces forêts sont connues pour leur richesse en espèces et pour leur qualité paysagère, quand l'automne vient les parer de multiples couleurs.
Pour l'Europe, c'est davantage sa partie centrale qui est représentée, avec des plantes provenant de la chaîne très boisée des Carpates. D'autres espèces, à plus large aire de répartition, complètent la présentation des plantes de ce continent. La transition avec l'Asie se fait par l'intermédiaire des plantes originaires du Caucase, puis celles de la Sibérie. La poursuite de la visite permet de découvrir de nombreuses espèces originaires de la Chine, dont une part importante provient de sa partie nord-est : la Mandchourie.
État des lieux Les forêts tempérées n'ont pas échappé à l'exploitation humaine. De leur importance d'origine, il ne subsiste que quelques lambeaux, eux mêmes affectés par l'industrie forestière. Ainsi, dans cette région du monde la plus peuplée, bien rares sont les forêts tempérées qui peuvent encore aujourd'hui offrir une physionomie naturelle. La forêt de Bialowieza, située sur la frontière entre la Pologne et la Biélorussie serait une de celles-là, précieux héritage des temps passés. Le patrimoine horticole lorrain
Les plantes sont souvent à l'origine des motifs décoratifs utilisés par les artistes comme Gallé, Majorelle, Grüber ou Prouvé. Cette source d'inspiration n'est pas étrangère au fait que Nancy est aussi à cette époque un grand centre horticole. En effet, il existe au XIXe siècle de nombreux horticulteurs nancéiens tels Rendather, Gerbeaux, Bel, Vergeot et bien d'autres qui participent à la notoriété de la ville, en menant entre eux, une concurrence amicale. Parmi eux, deux se font remarquer par leurs importants travaux d'hybridation et leur génie créatif : ce sont les établissements CROUSSE et LEMOINE.
Malheureusement, l'établissement ferme ses portes en 1968 et le remarquable patrimoine horticole lorrain qu’il a créé n'est pas conservé localement. Ainsi, une part très importante des variétés disparaît.
La collection, consacrée aux obtentions horticoles lorraines, a donc pour ambition de rassembler le plus grand nombre possible des créations obtenues par les établissements horticoles lorrains qui ont fermé leurs portes les uns après les autres.
Un important travail bibliographique, de minutieuses recherches et de multiples contacts avec des professionnels (pépiniéristes, arboretums, jardins botaniques...) de France et du monde entier, nous ont permis de rassembler un nombre important de lilas, de seringas, de deutzias, de weigelias, de pivoines et de fuchsias. Ce travail de prospection et de multiplication se poursuit toujours de façon à réunir au Jardin Botanique du Montet une partie de l'héritage culturel et horticole lorrain, et rendre ainsi un légitime hommage à nos illustres horticulteurs. Les collections horticoles et ornementales
Pour l'ornementation des parcs et des jardins, les végétaux utilisés ont très souvent une origine horticole. À la différence des espèces botaniques qui poussent spontanément dans la nature, les plantes dites "horticoles" sont des créations artificielles. Généralement, elles sont le résultat d'hybridations multiples et volontaires dont l'objectif est d'obtenir de nouvelles formes, appelées cultivars, devant répondre à certains critères comme :
La multiplication végétative (bouturage, greffage, division de touffes, marcottage) est bien souvent la seule méthode pour reproduire fidèlement les plantes horticoles.
Les conifères (le pinetum)
L'hémérocalle est une plante vivace originaire d'Asie, cultivée en Chine et au Japon depuis plusieurs siècles. À l'état sauvage, 15 espèces ont été décrites. On rencontre donc en culture surtout des hybrides.
Les rhododendrons
Plus de 1 000 espèces de rhododendrons sauvages rencontrées principalement dans les régions montagneuses de l'hémisphère nord, sont actuellement décrites. Si l'Europe et l'Amérique en sont modestement pourvus, il n'en est pas de même pour le continent asiatique. Selon différents systèmes de classification, le genre Rhododendron a été subdivisé en plusieurs sections selon les différences fondamentales entre les espèces. Une d’elles distingue les espèces lépidotes (face inférieure des feuilles couvertes de petites écailles grises, marrons ou argentées) des espèces élépidotes (sans écaille). Si notre collection est surtout consacrée aux espèces botaniques sauvages, on trouve dans le commerce principalement des hybrides horticoles. Dès le début du XIXe siècle, ce genre a fait l'objet de très importants travaux d'hybridation. Chaque vague d'introduction d'espèces nouvelles, issues des expéditions qui se multipliaient dans les contrées d'origine (Chine, ouest américain, Himalaya, Japon...) relançait la passion des obtenteurs. Plus de 6 000 hybrides sont connus et issus de croisements successifs, aboutissant à une très grande diversité de plantes (forme, taille, feuillage, coloris), capables de vivre dans des conditions moins strictes et pouvant fleurir sur de plus longues périodes. Leur développement exige un sol acide, frais, riche en humus et nécessite généralement une atmosphère fraîche et ombragée. Au Montet, la collection a été installée dans le secteur le plus frais du jardin, à l'ombre de la forêt, et dans un sol totalement reconstitué sur une épaisseur de 80 cm. Le sol naturel calcaire et peu profond a été remplacé par un mélange spécial composé de tourbe, de sable et de terre dite "de bruyère" (sorte de terreau qui se forme naturellement sous couvert forestier sur sol siliceux où pousse généralement la bruyère). Dans notre collection, nous avons associé aux rhododendrons d'autres plantes de la famille des Ericacées qui nécessitent les mêmes conditions de culture. On y remarquera plus particulièrement les bruyères et les callunes, les myrtilles et le genre très voisin Gaultheria, les Pieris du Japon, les Kalmia d'Amérique du Nord, les Pernettya originaires du sud du Chili ou les rares Enkianthus et Stewartia (famille des Théacées) des forêts japonaises. D'autres végétaux, appréciant la fraîcheur du lieu (fougères, astilbes, hostas, hortensias...) participent à l'ornementation des massifs pour donner à ce secteur du jardin une physionomie très particulière.
Rhododendrons ou azalées ? Si les azalées apparaissent souvent comme un groupe distinct, elles appartiennent en fait au genre Rhododendron et constituent ainsi une section botanique particulière. |
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